rêve1(résolution)

Finalement, le serpent rouge mamba vient d’un livre que j’ai lu n fois aux enfants le soir, “Nuno petit roi”.

Où je m’étonne du fonctionnement de la mémoire : finalement, si elle n’atteint jamais mon conscient, elle n’est pas pour autant aussi nulle que je le crois.

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rêve1

Je suis dans une maison bourgeoise à moulures en plâtre sur ses hauts plafonds, et la grande fenêtre qui est derrière moi laisse passer une lumière de matinée de printemps bien engagée. En face de moi il y a trois vivariums superposés, larges de deux mètres au moins, presque couvrant tout le mur. A l’intérieur il y a des serpents. Dans chaque vivarium, au moins un long serpent noir, peut-être d’autres animaux, et dans celui du milieu s’y ajoute un serpent rouge à la tête large et triangulaire. C’est un mamba. Je sors le long serpent noir de sa maison du haut car je me rends compte que les pauvres petites bêtes ne se dégourdissent pas souvent les anneaux, et il part dans la maison. Dans le vivarium du bas, on peut voir des oeufs, des mues, et un serpent qui dort. Le serpent noir s’amuse avec Caramel le chat, et il devient un chat, un peu plus efflanqués et pouilleux, mais tout aussi roux, afin de jouer plus facilement avec lui. Caramel ne s’inquiète ni du serpent dans sa forme initiale, ni de la période de transformation où il chimérise grave, ni de son apparence finale qui le suit fidèlement, et se frotte, passe sa balle, bref joue sans souci. Je les vois traverser la cuisine et sortir en s’éloignant.

Soudain, je me rends compte que le mamba s’est échappé. C’est angoissant, atrocement horrible, car le mamba est le serpent le plus dangereux du monde et, justement je voulais le confier au muséum d’histoire naturelle. Quand je l’ai vu juste avant, je me suis soudain souvenu que c’est un animal très rare, et qu’il faut le confier à des personnes qui sont capables de s’en occuper. Il est même en voie de disparition. J’appelle alors le muséum, quelqu’un me répond, on me passe un autre bureau, et au bout d’une phrase la communication s’interrompt. Je rappelle le museum, on me répond de nouveau, on me passe le même bureau et une autre voix me répond. Je commence mon explication mais la communication est de nouveau rompue.

J’ai peur. Je me souviens que ce mamba a essayé de me mordre par derrière, dans la nuque, et que l’ami qui prenait le thé avec moi à ce moment m’avait prévenu in extremis du danger (et certainement avait réussi à l’attraper et mettre dans mon vivarium). On soupçonna un malfaisant de l’avoir amené là pour me tuer – en effet que ferait un mamba sur ma terrasse ombragée ?

J’ai vraiment très peur. Ce mamba peut être caché n’importe où et sa morsure est terrible. Il est fort, long, intelligent, et sortait souvent sa langue fourchue en me regardant de ses yeux noirs. Il me connaît. Mon mec dit que ce n’est rien, je lui mets un bon coup de baton et il est mort ton serpent. Mon père approuve. Mais je suis encore plus inquiète “Comment ??!! Tuer un mamba ?? Mais c’est un animal très rare, il faut au contraire bien le traiter.”

Bon sang, comment contacter le museum ?

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chron6 le retour

Quelques jours après la provocation odieuse de mon fils qui voulait zigouiller Yoda sur sa game cube de chez NintendoTM, il revient très content : “j’ai détruit l’étoile noire mais dark vador s’est enfui”. “ben oui, c’est normal c’est comme ça dans le film”. et deux jours après “ça y est, dark vador a tué l’empereur et après luke lui a retiré son casque”. “Ben oui, c’est comme ça dans le film”.

Je ne lève même plus les yeux de mon livre, visage fermé – j’ai trop peur de tirer la langue en grigolant nananananèreeeee, je sais mieux que toi.

La revanche de l’ancienne.

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HC1

Une femme fait des bises en l’air tandis qu’elle brandit un téléphone intelligent devant un bébé en landau. Impossible de savoir si le téléphone embrasse l’enfant, l’enfant embrasse le téléphone, ou si c’est elle qui l’utilise à autre chose (prend des photos, participe à une conférence vidéo, écoute un tube sur You et le commente par des bisous tout en se trémoussant gaiement).

Quoi d’autre ?

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chron6

J’ai enfin pu atteindre le fond de la cruauté enfantine et me perdre dans le manque affligeant de morale de la nouvelle génération, celle qui ne respecte ni les anciens ni les valeurs du monde passé, fondations déjà vétustes et prenant l’eau en cette nouvelle ère flageolante, en apnée sous les inondations du changement climatique et des guerres de religion.

Ce matin, mon fils, celui-là même qui est sorti de mon ventre il n’y a pas très longtemps et dont j’anticipe de percevoir l’ingratitude destructrice à chaque instant, m’interpèle et affirme : “Tu sais, dans mon jeu, je vais peut-être devenir Dark Vador et je vais tuer Yoda !”, utilisant sans ambiguité le point d’exclamation dont il a appris l’usage dans les leçons de la semaine dernière. Ma bile, au parcours mal assuré depuis que j’ai abusé du rosé hier soir, n’a fait qu’un tour dans mes entrailles et une angoisse brumeuse m’est montée, incitant à répondre négligemment “Ce n’est pas possible, voyons”. “Pourquoi, il est invincible, Yoda, peut-être ?”… Le ton incisif me met au pied du mur : je dois fournir une explication satisfaisante. “Non, mais Yoda n’a pas été tué par Dark Vador, il est mort dans son lit, et en plus il n’est même pas mort il est devenu immortel après s’être évaporé” “Oui, je sais, c’est comme Obiwan Kenobi, mais…” et là l’indigne descendance me jette un oeil torve et prend sa moue provocatrice de bas étage “… dans mon jeu, il y a plein d’aventures qui n’existent pas dans le film. Et puis je gagne des personnages à chaque fois, pourquoi pas Dark Vador ?” “Parce que dans le jeu, tu n’as que des gentils, et Dark Vador ce n’est pas du tout un gentil” Il me regarde en souriant, sentant ma détresse, empêtrée dans une explication que je résume enfin “De toute façon ils n’ont pas le droit de raconter une histoire aussi absurde et contraire à la vérité. S’ils font ça, je porte plainte.” “Contre le jeu ?” dit le minot qui comprend soudain que je perds les pédales et qui module son agressivité face à une mère décontenancée. “Oui… Non… ils ne peuvent pas faire ça.” (et ma voix s’éteint doucement). Puis je réagis enfin, oubliant la gueule de bois, et retrouve la ferme raison – je laisse de côté la midinette idéalisant sa mythologie des années 80.

“Je suis certaine que ça n’arrivera pas. Je peux me tromper, ” (et c’est dit maintenant d’un ton calme) “mais ça n’aurait pas beaucoup de sens, alors je suis sûre que ça n’arrivera pas.” Et je peux retourner à la lecture de Iegor Gran, tandis que lui même se replonge dans ses “chroniques de Yoda” réinterprétée par Lego. La Force n’a, pour lui, pas beaucoup plus de puissance que les tourbillons niaiseux des ninjago. On n’en fera pas des bons fans, de ces enfants multi-biberonnés aux aux pokemons, inazuma et autres avengers.

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chron5 (où l’on découvre mon principal défaut)

A la caisse de Monsieur Bricolage, me voilà dans une drôle de situation bien embêtante si vous voulez connaître le fond de ma pensée. Je suis venue échanger de menues fournitures et m’en tire pour trois euros et quarante sept centimes. J’ai deux euros en liquide, et “carte bleue à partir de 5 euros”, me voilà perplexe et la caissière m’exprime sa solidarité sans trouver de solution. Je me décide à repartir chercher une minuscule bricole pour un euro et cinquante trois centimes, lorsqu’intervient le jeune homme plutôt élégant qui constitue la queue derrière moi.

Discussion à trois

“Tenez, vous n’avez qu’à faire passer mes affaires avec celles de madame, j’ai la monnaie”

“Oh, quelle bonne idée”

“Cela fait, pour vous, six euros vingt cinq, plus madame, ça fait neuf euros et soixante deux centimes”

“Tenez, voici la monnaie”

“Incroyable” que je dis “l’univers m’est clément aujourd’hui”

“Eh oui, vous voyez, il existe des gens gentils”

Et là, le jeune homme (ai-je précisé qu’il était fort beau ?) de répondre “Ah, ça, vous n’en savez rien si je suis gentil, j’ai juste été gentil maintenant”

“Ah oui, peut-être que c’est le seul domaine où vous êtes aimable, le paiement au supermarché”

“Peut-être”

Et il part en souriant, ce qui va fort bien à son visage racé.

“Et en plus il était beau” dis-je à la caissière, tout aussi jeune que lui, qui approuve du chef.

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Chron4Bis

Médisance : finalement une héroïne apparaît dans la seconde moitié de “Fondation et Empire” (le deuxième tome sur quatre).

L’erreur est à moitié pardonnée, car la jeune femme, belle, charmante, douce, devient héroïne grâce à ses vertus typiquement féminines : l’amour et la compassion. Clichés rugueux, nous voilà.

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Chron4

Dans la série mondialement connue de science politique fiction dans laquelle le grand Hari Seldon donne ses lettres de noblesse à la psycho-histoire (Fondation, le cycle), quand on voit apparaître le mot “femme” (comme, dans le second tome, page 81 dans : “Puis Devers se trouva sur une vaste terrasse sous le brillant soleil blanc, où des femmes bavardaient, des enfants criaient et des hommes buvaient des consommations d’un air alangui, installés devant les énormes téléviseurs qui clamaient les nouvelles de l’Empire”), on ressent à chaque fois une légère surprise – on presque oublié le concept en se plongeant dans cette lecture. Jusque là, un seul protagoniste possède deux chromosomes X, l’odieuse femme d’un roitelet de la périphérie, qui apparaît sur trois ou quatre pages.

Sujet : Est-ce que le 13ème millénaire sera très macho ? ou est-ce l’auteur ?

 

 

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chron3

Hier, la Vieille Charité bruissait de l’excitation d’un centre de recherche accueillant son président. Une réunion publique, une rencontre des chefs, des entretiens individuels, le président avait fort à faire : découvrir comment les stratèges carriéristes envisagent le futur de l’humanité, tout en rassurant sur les embarras du quotidien. En sortant de toutes ses activités matinales, le président n’a pas pu atteindre le buffet (légèrement sous-dimensionné par l’administration locale) car chacun s’interposait pour ajouter son petit mot, se faire connaître, poser une requête sur la liste, renouveler sa complicité. On papotait sur le balcon, profitant d’un moment où le travail est léger comme une plume, rencontres souriantes le verre à la main. 

Puis l’heure de la cérémonie approcha et, à pied, en voiture, en ferry boat, la foule se désagrégea. Le président et son conseiller étaient attendus par un taxi, mais plus tard – il n’a pas besoin de trouver à se garer, lui. On commença à ranger la table, d’autres avaient regagné leur bureau ou décidé de partir à une autre réunion. En quelques minutes, le président et sa mémoire vivante étaient seuls, dans un couloir vide où quelques bouteilles trônaient encore sur les tables. Pourtant, leur taxi (qui n’a pas besoin de trouver à se garer) n’était prévu que d’autres nombreuses minutes plus tard. Je me suis sentie obligée de faire la conversation, devisant sans gravité sur des sujet sans enjeux, surveillant sur sa montre le moment de descendre vers le grand porche. Et pendant ce temps-là, je me disais qu’il est finalement très abordable, cet homme.

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chron2

J’ai rencontré un homme qui accueillait le vidangeur de chiottes avec une calme élégance.

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